Toujours remettre l’église au centre du village

Quel fut l’évènement majeur de la semaine qui vient de s’écouler ? Allez, dites-moi !

Vous êtes trop prévisible ! Non, ce n’est pas la motion de censure – un acte tout à fait constitutionnel, à la fois légal et légitime à partir du moment où le gouvernement refuse de mettre un projet de loi au vote de la représentation nationale. C’est un acte de plein droit, absolument républicain, n’en déplaise à M. Macron, le dégoupilleur de grenade en chef et à ses ersatz,  sous la férule de Gabriel Attal. Quand on se revendique comme une présidence à l’extrême-centre, il est normal que les oppositions sur les deux flancs joignent leurs voix pour s’opposer. C’est le bal des faux-culs et des hypocrites qui a empêché que le sort de M. Barnier ne fut pas, en son temps, celui de Mme Borne et de M. Attal.

Et non, c’est encore moins l’allocution diffusée dans la lucarne magique d’Eole, le régisseur des vents, à défaut d’être le maître des horloges, ou alors celle des coucous (et des cocus de l’Histoire par la même occasion). Il se murmure d’ailleurs, dans le Tout- Paris autorisé, que notre brasseur d’air national aurait déjà trouvé son « job pour après » (et sans avoir eu à traverser la rue) chez Dyson, le spécialiste de l’aspiration et de la ventilation (il y a juste à inverser le processus de succion).

Et non, ce n’est pas non plus la signature de l’accord Mercosur par l’impératrice allemande… Comme quoi, ce n’était pas la peine de perdre autant de jeunes hommes en 1914, et plus largement des citoyens français entre 1940 et 1945 pour être sous la botte prussienne, la différence étant uniquement la forme et la hauteur des talons des dites bottes. Les paysans français d’aujourd’hui sont les mineurs d’avant-hier et les métallos d’hier. Tant pis si, à l’occasion d’une crise – très prochaine – les français auront du mal à se nourrir, comme ils ont eu du mal à trouver des masques lors de la pandémie Covid-19 (dont on sait désormais qu’elle ne doit rien à la rencontre hasardeuse d’un pangolin, d’une chauve-souris et d’un chinois vorace sur un marché) ou qu’ils galèrent régulièrement avec leurs médocs en rupture de stock.

Et pour finir, non, ce n’est pas la réouverture de Notre-Dame de Paris en grande pompe (Yes, we can!) avec Nabot-macron dans le rôle de maître de cérémonie.

La nouvelle qu’il aurait fallu que vous reteniez en premier lieu, c’est la chute de Bassar El Asad, l’autocrate que la France, cette belle démocratie dont les élites refusent d’entendre les citoyens et de leur donner la parole sous la forme référendaire depuis 2005, n’a eu de cesse de vouloir déboulonner depuis 2012. C’est enfin une réussite qui doit faire très plaisir à M. Hollande : quelle joie d’offrir un nouveau terrain de jeux aux partisans de la guerre sainte ! Vous objecterez, avec raison comme toujours, que les Occidentaux ne sont pour rien dans cette offensive éclair – prévue par personne, ce qui doit interroger sur nos moyens de renseignement ! Sauf que dix ans de lutte pour se maintenir au pouvoir, ça use d’autant plus son dictateur que le pays a été soumis à des sanctions économiques et financières !

Pourquoi est-ce important, vue de France ? En premier lieu, parce que cela va revigorer tous les excités du turban vert qui veulent imposer leur vision de l’Islam partout sur la planète, et prioritairement en France, un Etat-cible qui est un blasphème du seul fait de cette « laïcité » rajoutée sur la devise nationale. Il va donc falloir inventer d’autres couleurs que « rouge » et « écarlate » à notre plan vigipirate car, soyez-en sûr, ça va taper dans l’hexagone et potentiellement partout où il y a (encore) des intérêts français à défendre (car la liste se réduit comme peau de chagrin… à force de mettre des idéologues LGBTQ+-Z au Quay d’Orsay). Et comme le terreau idéologique LFI-ste est propice aux réseaux, « fréristes » et autres, en sommeil, le pseudo « loup solitaire », au couteau et à la machette, va bientôt laisser la place à des commandos, mieux organisés et bien mieux équipés, dont le nombre ne pourra que saturer les capacités du renseignement intérieur à déjouer les attentats.

Ensuite, il suffit de regarder sur la carte pour voir les implications potentielles avec les pays limitrophes : Irak, Turquie, Liban, Jordanie et Israël. Pas mal comme poudrière, déjà bien allumée par les représailles israéliennes post-7 octobre 2023.

Enfin, et comme disent nos amis anglais, the last but not the least, il y a quelque chose de majeur qui va se jouer très vite : l’accès de la Russie à la Méditerranée. Cela se sait, mais l’information est généralement vite oubliée du grand public : la Russie dispose d’une base géostratégique sur la côte syrienne, dans la localité de Tartous. Jamais les Russes n’abandonneront cette position qui leur offre à la fois la possibilité de faire peser une menace aéronavale sur le flanc sud de l’OTAN et la garantie d’un orteil au sec en bordure de Mare Nostrum. Rappelez-vous l’offensive russe sur la Crimée pour offrir au Kremlin un débouché pérenne sur la mer Noire ! Vladimir Poutine peut évidemment négocier avec le pouvoir qui serait susceptible de se mettre en place, si les groupes de rebelles arrivent à s’entendre, bien évidemment. Pas sûr cependant que le nouvel Etat syrien soit disposé à traiter avec un président russe qui a toujours combattu les islamistes sur son sol – et en proche périphérie de sa zone d’influence. Si accord il y a, il ne pourra être que provisoire… le temps pour les russes de s’organiser. C’est peut-être une chance pour l’issue du conflit en Ukraine, si tant est que Trump calme la donne côté complexe militaro-industrialo-démocrate et que Zelensky ait suffisamment mis d’argent de côté pour s’octroyer de très longues vacances dans un paradis fiscal, hors accord d’extradition. Mais ce sera sans doute pour tomber de Charibde en Scylla.

Pas sûr que Noël soit synonyme de trêve des confiseurs cette année…

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